samedi 6 octobre 2012

Un peu d'air


Il me semble que l’on respire mieux. Les récentes élections ont agi comme un immense purificateur d’air social. Une tension s’est dissipée. Les épaules sont plus détendues, les visages moins gris, les poings moins serrés. Non seulement sent-on un virage solidaire et responsable, mais on assiste à une rassurante panique de ceux qui avaient pris l’habitude d’avoir les pattes bien graissées. L’ambiante volonté d’amoindrir les inégalités court-circuite leur désir de s’enrichir plus encore. Ils menacent, préviennent, avertissent, semoncent, les mains crispées sur leur plus-value. Ils parlent de partir, tout en sachant qu’on ne quitte pas une poule aux œufs d’or.

Toutes les récentes décisions vont à l’encontre de leurs croyances économiques, et leur foi mercantile est profondément heurtée. Ils annoncent l’apocalypse, mais sans être convaincants. L’air est trop sain pour que leurs menaces, jadis aussi bouleversantes qu’un verdict de mort imminente, atteignent ceux qu’ils convainquaient par la peur.

Le discours a changé et ils n’aiment pas ça. On les comprend : personne n’aime voir s’affaiblir ce qui le fascine le plus. Mais il suffit parfois de glisser la main sur le tableau noir pour réaliser que notre fascination, que nous pensions bien réelle, n’est en fait qu’un peu de craie.

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